Médecine Ayurvédique

Ayurvéda, ou Médecine ayurvédique, est un système thérapeutique créé en Inde il y a environ 5000 ans.

En Sanskrit le mot « Ayurveda » est une combinaison de deux mots « ayur », qui signifie "la vie" et « veda », qui signifie "la science".

Ainsi Ayurveda signifie "la science de la vie".

La médecine ayurvédique est considérée comme un système médical "holistique" parce que c'est un système médical entier, elle traite l'esprit et le corps – un équilibre toujours nécessaire pour la santé et le bonheur.

Le but principal de l’Ayurvéda est de nettoyer le corps des substances qui causent une maladie. En nettoyant le corps des toxines, l'équilibre et l'harmonie nécessaires pour la santé sont rétablies.

L' Ayurvéda est resté longtemps le principal système de santé de l'Inde.  Environ 70 % de la population indienne habite les régions rurales dont les deux tiers comptent sur les plantes et les herbes pour leurs besoins et soins de santé. La plupart des villes importantes ont un collège et un hôpital ayurvédique. Il existe plus de 500 000 praticiens médicaux ayurvédiques traditionnels, 2 860 hôpitaux offrant de la médecine ayurvédique et 22 100 dispensaires pour la médecine traditionnelle. On peut trouver plus de 150 collèges et plus de 30 collèges de troisième cycle pour médecine ayurvédique.

Aujourd'hui, plus de 500 millions de personnes en Inde dépendent principalement ou uniquement de la médecine ayurvédique.

Des variations de l’Ayurvéda ont été pratiquées pendant des siècles au Sri Lanka, au Tibet, au Pakistan, dans le Bangladesh et au Népal.

L'éducation des praticiens d’Ayurvéda se déroule souvent de façons différentes de celles des médecines occidentales. Certains étudiants étudient d'abord la médecine de l'Ouest traditionnelle avant la médecine ayurvédique. D'autres étudient une médecine naturopathique, avant ou après avoir étudié l’Ayurvéda. On peut trouver en Inde plus de 150 collèges et plus de 30 collèges de troisième cycle pour médecine ayurvédique.

La nourriture et le régime sont les parties importantes de la médecine ayurvédique. Elle est fortement basée sur une forte utilisation des herbes, des plantes, des huiles, des épices communes et autres substances produites naturellement.

L’exercice de la médecine ayurvédique implique de soigner le malade, non la maladie. Après un bilan ayurvédique personnalisé, le praticien détermine le type de traitement à mettre en place. Fondé sur la diététique, la phytothérapie, le massage ayurvédique, la méditation, la respiration, le yoga ou le chant, ce traitement va vous aider à rétablir et à maintenir l’équilibre entre votre corps et votre esprit.

De l'Inde en France
 

En Inde, la médecine ayurvédique est bien vivante, surtout parmi les couches les plus pauvres de la population qui n'ont pas les moyens de s'offrir les traitements de la médecine occidentale. En Occident, des auteurs de renom, comme Maharishi Mahesh Yogi et le Dr Deepak Chopra, ont encouragé la mise sur pied de réseaux de centres de services et d'éducation populaire sur l’ayurvéda. Même si on n'y trouve pas nécessairement de médecins ayurvédiques dûment formés, des techniciens en Ayurvéda clinique proposent des cours de diététique et de cuisine ayurvédique, de massage, de yoga et de méditation. Ils offrent aussi des conseils et un soutien individuel aux personnes en démarche de guérison ou en quête d'une santé optimale.

En Inde, où la pratique de l'Ayurveda persiste parallèlement à celle de la médecine occidentale, il faut de 5 à 6 ans pour former adéquatement un médecin à la pratique clinique. Toutes les techniques Ayurvédiques sont enseignées à l’université ; il existe des pharmacies, des cliniques, des centres ayurvédiques.

En Occident, il n'existe pas encore de statut professionnel reconnu pour les praticiens de l’Ayurvéda. Cependant, depuis quelques années, se développe une nouvelle profession dont les praticiens pourraient porter le titre de « techniciens en Ayurvéda clinique ». Il existe, surtout aux États-Unis, quelques institutions qui dispensent de la formation professionnelle, mais la qualité et la rigueur de l'enseignement peuvent varier considérablement d'un endroit à l'autre.

En France, la pratique de l'Ayurvéda ne se concentre aujourd’hui que sur l’aspect " bien-être" de cette médecine, une médecine pourtant reconnue par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) comme étant une médecine à part entière.

 
L'homme, l'univers et les 5 éléments

Les tenants de l'Ayurveda considèrent que la personne est un microcosme de l'univers. Et tout ce qui existe dans l’univers serait constitué de 5 éléments fondamentaux : l'éther ou espace, l'air, le feu, l'eau et la terre.

Ces 5 éléments se combinent pour former 3 forces fondamentales, les doshas (Vata, Pitta et Kâpha). L'équilibre et les interactions entre ces éléments déterminent la nature de chaque personne sur les plans physiques, émotionnels, intellectuels et spirituels.

La tridosha, ou l'équilibre relatif des 3 doshas entre eux, détermine donc la nature spécifique de chaque personne : sa prakriti ou constitution.

L'espace et l'air forment Vata, la force qui régit les mouvements biologiques et rythme le métabolisme: respiration, élimination, rythme cardiaque, échanges intracellulaires, système nerveux sympathique. Il siège dans le gros intestin, la vessie, les os, la peau, les oreilles et les cuisses. Sur le plan émotionnel, il s'exprime dans la joie, l'anxiété, la nervosité, la fraîcheur, la légèreté, la peur et la douleur. 

Le feu forme Pitta, la force qui régit l'énergie physique, la digestion, l'absorption, l'assimilation. Il siège dans le foie, l'estomac, le pancréas, le duodénum, l'intestin grêle, la peau et les yeux. Sur le plan émotionnel, il s'exprime dans la colère, la jalousie, la haine, la violence.

L'eau et la terre forment Kâpha, la force structurante du corps, ce qui relie les divers éléments entre eux : le lubrifiant des articulations, l'humidité de la peau, la vitalité des divers tissus corporels, la force immunitaire, l'énergie du cœur et des poumons. Il siège dans la poitrine, la gorge, le cou, la nuque, la langue, l'hypothalamus, le nez, les tissus adipeux, les articulations, les fluides corporels. Sur le plan émotionnel, il s'exprime par l'amour, le pardon, la générosité, le courage, l'attachement, le calme, l'envie et l'avarice.

La constitution de chaque personne est caractérisée par une combinaison spécifique de ces 3 doshas. Suivant le ou les doshas qui dominent, on peut déterminer le type physique et psychologique auquel appartient le patient. La première tâche du praticien ayurvédique sera donc de déterminer la tridosha de son patient, ce qui fournira des indications précises sur la nature de la maladie et sur les stratégies de guérison indiquées.

 
Les diagnostics en médecine Ayurvédique

Pour la médecine ayurvédique, la maladie résulte d'un déséquilibre entre les doshas. L'excès ou la carence de l'un ou de l'autre causera une perturbation métabolique. Ultimement, la maladie fera son apparition. Dans le tissu musculaire par exemple, un excès de Vata provoquera l'amaigrissement du muscle, un surplus de Pitta y causera de l'infection, tandis que trop de Kâpha le fera enfler. Les causes d'une maladie sont donc à rechercher dans ce qui, dans le mode de vie, les habitudes et l'environnement de la personne, a causé le déséquilibre entre les doshas.

Pour explorer les causes et les divers aspects de la maladie, le praticien prendra d'abord les pouls de la personne. La médecine ayurvédique a poussé cette pratique à un impressionnant degré de précision et d'efficacité, qui va bien au-delà du nombre de pulsations à la minute. Il examinera également les caractéristiques physiques du patient, la nature de sa peau, de ses cheveux, de son appétit, l'état de ses yeux, de ses ongles, de sa langue, de son urine et de ses selles.

L'étude attentive de tous ces signes le renseignera sur la nature du problème qui touche la personne. Un praticien expérimenté peut même percevoir les signes d'un déséquilibre susceptible de causer une maladie avant qu'elle se manifeste. Il pourra alors aider la personne à corriger le déséquilibre, prévenant ainsi l'apparition de la maladie. Cet aspect préventif est d'ailleurs crucial en Ayurvéda. On tâche d'éveiller l'intelligence innée du corps et de l'esprit, de leur restituer leur faculté naturelle à prévenir la maladie, et d’entretenir la joie et la sérénité. On veille à créer une situation où la maladie n'a pas d'emprise, à renforcer les défenses naturelles de l'organisme et à stimuler les processus d'élimination des toxines et des impuretés dans le but de préserver la santé.

Les traités de médecine ayurvédique témoignent d'une étonnante et profonde connaissance des processus biologiques, physiologiques et métaboliques. Ainsi, on trouve dans des écrits datant d'avant notre ère la description d'une maladie qui résulte d'une mauvaise alimentation et du sédentarisme, et qui se manifeste par l'accumulation d'une substance grasse sur les parois des vaisseaux sanguins. Il s'agit sans doute de la plus ancienne description de l'hypercholestérolémie, de ses causes, des conséquences qu'elle entraîne et des moyens à prendre pour l'éviter.

 
Les stratégies de traitement en médecine Ayurvédique
 

Pour rétablir l'équilibre perdu, le praticien ayurvédique dispose d’une foule de techniques visant à transformer le corps et l'esprit.

Il pourra élaborer un régime alimentaire adapté aux besoins spécifiques de la personne, prescrire des préparations d'herboristerie ou d'aromathérapie, des cures de désintoxication, des massages, des exercices de yoga, des séances de méditation, bref, tout un programme destiné à modifier le mode de vie de la personne. Le médecin est souvent considéré comme une sorte de conseiller qui guide le malade sur la voie de sa guérison. Il existe même en Inde une chirurgie védique.

La diététique occupe une place privilégiée en médecine ayurvédique. Chaque aliment et chaque plante médicinale sont constitués, en proportion variable, des mêmes 5 éléments qui forment le corps et la psyché. Les propriétés ainsi conférées aux aliments et aux plantes par les éléments qui les composent sont mises à contribution pour aider la personne à rééquilibrer ses doshas.

 

Par exemple, les légumes verts, les crudités, les légumineuses et la viande de bœuf stimulent le Vata, tandis que les produits laitiers, les noix, le poulet, les poissons et les fruits de mer le calment.

Le choix, la combinaison et la préparation des aliments font partie du programme thérapeutique élaboré par le praticien.

Plusieurs plantes de la pharmacopée ayurvédique ont fait l'objet d'études scientifiques probantes en Inde et en Occident. Pour s'en rendre compte, il suffit d'étudier certaines  plantes couramment utilisées en Ayurvéda, comme la gomme guggul, le curcuma, le fenugrec, la boswellie et le gymnéma. Ces plantes se sont avérées efficaces pour traiter des affections aussi diverses que l’arthrite, l’hypercholestérolémie, les maladies de la peau, la toux, les déficiences du système immunitaire, etc.

Cependant, le praticien ayurvédique fait rarement appel à une seule de ces plantes à la fois. Il emploiera plutôt des mélanges complexes, appelés râsâyana, dont l'effet global serait synergique. Des chercheurs de l'École de médecine de l'Université de l'Ohio aux États-Unis ont étudié une des plus connues de ces râsâyana, l'Amrit Kalash, pour en déterminer l'activité pharmacologique. Des essais in vitro et d'autres menés sur des animaux ont démontré que la préparation faisait augmenter la production de lymphocytes en présence d'un agent pathogène ou d'un cancer, qu'elle inhibait l'agrégation plaquettaire et qu'elle possédait de puissantes propriétés antioxydantes.

Selon le Dr Hari Sharma, qui présidait à tous ces essais, « il est fascinant de voir que la recherche scientifique moderne démontre que cette préparation a pour effet de renforcer le terrain, le système immunitaire et les mécanismes de l'homéostasie, comme il est écrit dans les anciens textes de l'Ayurveda ».

En Occident l'usage que l'on fait de ces remèdes relève davantage de notre approche pharmacologique allopathique que de l'approche holistique ayurvédique. Mais l'intérêt manifesté pour la pharmacopée ayurvédique y est en pleine croissance.

Le Dr Vladimir Badmaev, directeur scientifique et médical du groupe Sabinsa, un fournisseur de plantes ayurvédiques, croit que « les connaissances accumulées par les praticiens de l’Ayurvéda au fil du temps peuvent aider la science médicale moderne à découvrir de nouveaux médicaments efficaces et sûrs ».

Applications thérapeutiques
 

En médecine ayurvédique, l'évaluation et le traitement des maladies sont individualisés.

Ainsi, 2 individus ayant les mêmes symptômes pourront se voir prescrire différents remèdes et recevoir des propositions différentes de changements à leur style de vie et à leurs habitudes alimentaires.

Conséquemment, il peut être difficile d'évaluer avec précision l'efficacité des traitements ayurvédiques selon les critères et la forme des essais cliniques occidentaux.

Malgré tout, un certain nombre de recherches ont évalué les bénéfices de préparations ou de plantes pour des maux spécifiques.

Il est à noter que la composition de certains mélanges de plantes peut varier d'une recherche à l'autre, même s’ils portent le même nom ayurvédique. Il est donc conseillé de consulter les articles de référence pour connaître précisément les ingrédients et les dosages utilisés.

Recherches

    Arthrite rhumatoïde

Une revue systématique publiée en 2005 rassemble les données des essais cliniques aléatoires évaluant la médecine ayurvédique pour traiter l'arthrite rhumatoïde. Globalement, elle indique que les données ne démontrent pas de manière convaincante la valeur de la médecine ayurvédique pour soigner cette maladie. La plupart des essais comportent des anomalies, et les préparations ayurvédiques ne contiennent pas toutes les mêmes ingrédients.

Toutefois, certaines plantes se retrouvent plus souvent dans les essais, comme le Curcuma longa, la Boswellia serrata, la Tinospora cordifolia, la Withania somnifera et la Zingiberis officinale.

    Asthme

Il y a peu d’études publiées démontrant des bénéfices de l’utilisation des herbes ayurvédiques pour traiter l’asthme. Certaines de ces herbes présentent des analogies avec les médicaments utilisés actuellement en médecine classique, mais elles sont moins spécifiques et moins efficaces pour le traitement de l’asthme et présentent plus d’effets secondaires.

En comparaison avec les traitements proposés en pharmacopée occidentale, l’utilisation de ces herbes pour le traitement de l’asthme dans les pays occidentaux ne semble pas justifiée.

    Athérosclérose

Une étude d'observation indique que 2 préparations à base d'herbes, soit Amrit Kalash Maharishi et Amrit Kalash Maharishi, contribueraient à inhiber l'oxydation des lipoprotéines de faible densité chez les sujets souffrant d'hyperlipidémie.

Conséquemment, ces préparations pourraient être utiles dans la prévention et le traitement de l'athérosclérose.

    Constipation

Un essai clinique aléatoire a été réalisé dans une unité de soins palliatifs afin de comparer les effets d'une préparation ayurvédique et d'un laxatif classique auprès de 50 sujets atteints de cancer avancé.

Pour cette étude, le Misrakasneham, un liquide purgatif ayurvédique utilisé depuis des centaines d'années, a été utilisé dans le but de contrer les effets constipants de la morphine.

Les résultats révèlent que cette préparation agit de manière équivalente à un laxatif reconnu et pourrait donc être considérée comme une excellente solution de rechange aux laxatifs médicamenteux.

De plus, sa consommation est agréable, ses effets secondaires sont minimes et son action est plus rapide que le laxatif utilisé en guise de comparaison.

Ces résultats sont encourageants, mais d'autres recherches sont nécessaires pour appuyer l'efficacité de cette préparation.

    Dépression et anxiété

Quelques études pilotes de petite envergure ont évalué l’effet de différentes herbes ayurvédiques sur les symptômes de dépression et d’anxiété. Certaines ont donné certains résultats mitigés, mais d’autres fort encourageants : diminution de l’état d’anxiété, de la tension, de l’humeur dépressive et de l’insomnie et amélioration de la cognition.

D’autre part, les auteurs d’une publication récente se sont intéressés à l’approche ayurvédique globale dans le traitement de la dépression post-partum.

À l’aide d’un cas clinique, les auteurs décrivent les bienfaits potentiels d’un plan de traitement complet sur la santé physique, mentale, émotionnelle, et spirituelle.

    Diabète

Plusieurs essais cliniques ont été réalisés afin d'évaluer les effets positifs des herbes ayurvédiques sur le diabète.

Trois revues de la littérature scientifique rassemblant les données probantes à ce sujet ont été publiées.

Parmi les plantes évaluées par les essais cliniques, la Coccina indica, la Gymnema sylvestre, la Momordica charantia, la Pterocarpus marsupium et la Phyllanthus amarus sont celles que l'on retrouve le plus fréquemment.

Ces plantes auraient des effets hypoglycémiantshypolipidémiants et antioxydants.

Cependant, ces observations sont basées sur un faible nombre d'études de bonne qualité, souvent de courte durée, comprenant de petits échantillons et dont la plupart ont été effectuées sur des animaux.

Conséquemment, il est inapproprié pour le moment de tirer des conclusions fermes concernant son efficacité.

Toutefois, ces herbes attirent de plus en plus l'attention des scientifiques par leurs effets bénéfiques sur la réduction du glucose dans le sang et les complications causées par le diabète.

Il est même possible d'envisager pour l'Ayurveda un rôle d'adjuvant aux soins classiques du diabète, car peu d'effets secondaires indésirables ont été répertoriés depuis son utilisation dans la tradition ayurvédique.

    Fissure anale

Une revue des essais cliniques portant sur la médecine ayurvédique indique que la cautérisation de fissures anales à l'aide de sétons ayurvédiques et d'une préparation appelée Ksharasutra pourrait être une solution de rechange efficace à la chirurgie.

Lors d'un essai clinique aléatoire effectué auprès de 502 patients, la guérison a été plus rapide avec le traitement chirurgical, mais le taux de récidive a été plus élevé comparativement au traitement ayurvédique.

Les résultats d'un autre essai clinique aléatoire publié en 2001, effectué auprès de 108 sujets, laissent entendre que cette technique serait aussi efficace que la chirurgie. Le traitement ayurvédique semble être plus douloureux dans les premiers jours, mais aucune différence entre les 2 traitements n'a été observée concernant le temps de guérison, les complications ou le fonctionnement.

   Fonctions cognitives 

Trois essais cliniques aléatoires à double insu (192 sujets en tout) ont comparé les effets d'une plante nommée Brahmi (Bacopa monniera) et d'un placebo sur les fonctions cognitives.

Les résultats indiquent que son utilisation pourrait améliorer la mémoire, particulièrement à court terme, ainsi que l'apprentissage et la vitesse de traitement de l'information. Avant de pouvoir conclure à l’efficacité du Brahmi, d’autres études seront toutefois nécessaires afin de vérifier les dosages et les périodes de traitement appropriées, et surtout les effets à long terme sur les fonctions cognitives.

D'autre part, il semble qu’une autre préparation, Amrit Kalash Maharishi, contribuerait à augmenter la capacité attentionnelle et le degré d'alerte et pourrait ainsi contrebalancer certains des effets indésirables du vieillissement.

Toutefois, les effets secondaires ne sont pas connus.

    Giardiase 

Selon un essai clinique publié en 1997, une préparation ayurvédique à base de plantes nommée Pippali Rasayana pourrait combattre efficacement la giardiase (une maladie de l’intestin causée par un parasite) et les symptômes associés, dont la diarrhée.

Lors de cet essai réalisé auprès de 50 sujets, 25 participants ont été traités durant 15 jours avec cette préparation et les 25 autres avec un placebo.

À la fin du traitement, 92 % des sujets du groupe expérimental avaient obtenu une rémission significative comparativement à 20 % pour le groupe placebo.

   Hépatite 

Un essai clinique, aléatoire à double insu, avec groupe placebo et réalisé auprès de 52 sujets, suggère que la Kamalahar, une préparation ayurvédique à base de plantes et de sels minéraux, pourrait être bénéfique dans le traitement de l'hépatite virale aiguë.

Les résultats indiquent qu'après un traitement de 15 jours, de plus grandes améliorations en ce qui concerne les signes cliniques ont été observées dans le groupe traité avec la Kamalahar.

   Hyperlipidémie (taux de gras et de cholestérol élevés)

Une revue de la littérature scientifique a rassemblé les données concernant le traitement de l'hyperlipidémie à l'aide du guggulipide, un extrait de la résine qui exsude du tronc du guggul (Commiphora mukul), un arbrisseau originaire de l'Inde.

Les chercheurs ont conclu que les effets du guggulipide ne sont pas clairement définis. Certaines études ont montré de bons résultats, d’autres non.

    Insomnie

Deux petites études ont évalué les effets de préparations ayurvédiques sur l'insomnie.

La première (25 sujets), aléatoire en chassé-croisé à double insu avec groupe témoin de type placebo, laisse supposer qu'une préparation traditionnelle ayurvédique à base de valériane (Valeriana wallichi) pourrait contribuer à réduire le délai d'endormissement chez les sujets souffrant d'insomnie initiale. Aucun effet secondaire n'a été rapporté par les participants.

Dans la deuxième étude, aléatoire auprès de 69 sujets de plus de 60 ans, les effets d'une préparation appelée Rasayana Kalpa (composée principalement de Withania somnifera) ont été comparés à ceux du yoga et d'une condition témoin sans intervention. 

Contrairement au groupe yoga, où les résultats ont démontré une réduction du délai d'endormissement et une augmentation des heures de sommeil, aucun changement n'a été observé dans le groupe Ayurveda. Selon les auteurs, ce résultat pourrait en partie s'expliquer par le nombre élevé d'abandons pour ce groupe relié à la prise de lait avec la préparation.

    Insuffisance et maladies cardiaques

Une préparation ayurvédique nommée Abana, utilisée traditionnellement pour les problèmes de santé cardiovasculaires, semble améliorer les fonctions cardiaques et pourrait même être utile au traitement de l'hypertension. Cette préparation, principalement composée de Terminalia arjuna et de Withania somnifera, contribuerait à renforcer les fonctions ventriculaires et possiblement à diminuer la pression artérielle chez les personnes souffrant d'hypertension.

De plus, selon une revue des essais cliniques évaluant la médecine ayurvédique dans le traitement des maladies cardiovasculaires, la Terminalia arjuna contribuerait à diminuer les symptômes et les signes d'insuffisance cardiaque avec des effets bénéfiques qui se maintiendraient à long terme. D’autres études de plus grande envergure devront être menées pour confirmer ces résultats préliminaires.

    Ostéoarthrite

Il semble que certaines préparations ayurvédiques pourraient contribuer au traitement de l'osthéoarthrite.

Lors d'un essai clinique aléatoire à double insu et réalisé auprès de 42 sujets, une préparation à base de plantes (principalement de Withania somnifera) et de minéraux a été comparée à un placebo. Les résultats démontrent que ce mélange contribue à diminuer la gravité de la douleur et le degré d'incapacité.

Une autre étude a évalué l'efficacité d'un supplément alimentaire à base d'oléorésine de Commiphora mukul. Les résultats indiquent des améliorations sur le plan du fonctionnement général et de la douleur.

    Maladie de Parkinson

Une herbe appelée Mucuna pruriens a été retrouvée dans de nombreuses préparations ayurvédiques traditionnelles pour traiter ce que l'on appelle en sanskrit Kampavata, c’est-à-dire la maladie de Parkinson.

Selon la médecine ayurvédique, cette plante serait efficace et sécuritaire pour traiter cette maladie.

Des études chez l’animal et des études pré-cliniques de toxicité sont encourageantes.

    Rétinopathie

Une préparation ayurvédique appelée Saptamrita Lauha pourrait contribuer au traitement des rétinopathies hémorragiques liées au diabète et à l'hypertension. Les résultats d'une petite étude clinique avec groupe témoin démontrent que celle-ci pourrait accélérer le temps d'absorption des hémorragies et diminuer les risques de récidive.

   Syndrome de l’intestin irritable

Une revue systématique a répertorié 2 essais cliniques évaluant les herbes médicinales ayurvédiques pour traiter le syndrome de l’intestin irritable. Un des essais indique qu'un mélange de Aegle marmelos et de Bacopa monniere Linn pourrait être bénéfique à court terme dans le soulagement de la diarrhée, mais pas des autres symptômes de la maladie.

En 2004, une étude pilote, sans placebo, a évalué l’efficacité d’extraits de curcuma (Curcuma longa) auprès de 166 sujets atteints du syndrome de l’intestin irritable.

Après 8 semaines de traitement, une diminution significative de la prévalence du syndrome a été observée. Les auteurs concluent que l’extrait de curcuma pourrait aider à réduire les symptômes du syndrome de l’intestin irritable. Selon eux, la réalisation d’études cliniques aléatoires, incluant un placebo, serait tout à fait justifiée.

    Troubles de l'estomac (gastrite et dyspepsie). 

Les effets d'une herbe appelée amalaki (Emblica officinalis et Phyllanthus emblica) ont été évalués pour traiter la gastrite et la dyspepsie lors de 2 études cliniques.

Bien que les résultats démontrent une diminution des symptômes observés, ces études comportent plusieurs lacunes méthodologiques, dont la trop petite taille des échantillons et le manque de détails concernant la description des études.

    Contre-indications et risques

Bien que l'utilisation de remèdes naturels soit largement répandue, il est important de respecter certaines règles concernant leur consommation.

Trop souvent, on croit que, parce qu’ils sont naturels, ils sont « sécuritaires », ce qui fait que de nombreux patients ne s'informent pas sur leur origine, leurs actions biochimiques, les risques encourus, etc.

Les herbes ayurvédiques sont puissantes et, à long terme, certains de leurs composants peuvent devenir toxiques.

D'ailleurs, de nombreuses préparations ayurvédiques incluent des minéraux qui peuvent parfois contenir une grande quantité de métaux lourds.

Des cas d'intoxication au plomb, au mercure et à l'arsenic, bien que rares, ont été rapportés.

L'éducation de la population est importante étant donné la facilité à obtenir ces préparations et les interactions possibles entre leurs différents ingrédients. Les conseils d'un professionnel sont recommandés, en particulier en ce qui concerne les interactions avec d’autres herbes ou médicaments.

En effet, dans des traitements à court terme, les herbes peuvent mimer, augmenter ou s’opposer aux effets de certains médicaments.

De plus, la consommation de nouvelles herbes ou suppléments peut être la source de problèmes allergiques. Il est important de suivre les recommandations d'un praticien ayurvédique qualifié qui peut évaluer les besoins et les contre-indications en fonction de chaque individu.

 

OMEGALPHA Association

omegalpha.ml@gmail.com

N° SIRET: 84479637500013 Fréjus, Var - France